« Je veux porter un modèle républicain et un modèle social"

#RienNestEcrit

Je suis révolté contre l’idée que les Français n’auraient à choisir qu’entre l’extrême droite et la droite. Je suis révolté contre cette idée « passez votre tour,  il n’y a plus rien à faire, le 2e tour se jouera entre François Fillon et Marine le Pen, la gauche est éliminée … »

 
Je ne me résignerai pas à ça. Je veux convaincre les Français que la gauche peut et doit gagner, et je veux incarner cet espoir.

 

#UnProjetPourLaFrance

Quand vous gouvernez, vous prenez des décisions tous les jours, vous répondez à l’actualité. Vous réfléchissez en permanence à l’avenir de la France. J’ai eu l’occasion, il y a déjà plusieurs mois, de m’exprimer sur la Nation éducative, la culture. Dans des circonstances particulières - la décision du Président de la République - les choses se sont précisées.

Mais j’ai un projet pour la France ; quand on est candidat à la présidence de la République, on doit incarner un projet pour son pays. J’assume ce qui a été fait depuis 2012, mais je viens avec un devoir d’inventivité. Cette République forte et cette France juste, que je veux incarner, sont intimement liées. L’une ne va pas sans l’autre.

 

Je suis patriote, j’aime ce pays. Je l’ai épousé et il m’a adopté, à l’âge de 20 ans. Je suis républicain, passionné par l’égalité, par la laïcité, par l’école, par la lutte contre les discriminations. Je suis un réformiste. Beaucoup m’aimait quand j’étais briseur de rêves, de tabous. Bien sûr que j’ai changé ! Je n’ai pas changé de convictions, mais j’ai grandi, j’ai mûri.

 

Nous sommes dans un moment totalement différent. Qui pouvait imaginer qu’un milliardaire, animateur de télévision, pourrait être président des États-Unis ? Mais je ne suis pas venu parler du passé. Parfois, j’ai pu me tromper, j’ai pu changer, mais ce que je vois c’est que j’ai fait évoluer la gauche sur la sécurité, l’immigration, l’économie, l’entreprise. J’ai participé de cette adaptation de la gauche à l’exercice du pouvoir. Aujourd’hui, je veux d’abord porter un modèle républicain et un modèle social pour ce pays.

 

#49.3

On m’a imposé le 49.3. J’ai obtenu l’accord de la majorité des parlementaires socialistes, des partenaires sociaux, mais je n’ai pas trouvé le soutien d’une cinquantaine de députés socialistes.

J’ai bien compris ce que cela pouvait donner comme sentiment de brutalité.

 
Quand on gouverne, et qu’on est ensuite candidat à une autre fonction que celle de chef du gouvernement, on tire les leçons.

 

#Entreprises

Les chefs d’entreprise me demandent de la stabilité, notamment sur le plan fiscal.

Il faut penser aussi à ce que seront les emplois de demain, avec la révolution numérique. Une grande partie des métiers qui existent aujourd’hui - et je sais que cela peut effrayer nos compatriotes - vont disparaître. L'urgence climatique nous oblige à investir dans les transports, dans les énergies renouvelables.

 

#Compétitivité

L’espace géographique qui nous permet d’être puissant dans le monde d’aujourd’hui, face à la Chine, l’Inde, les États-Unis, c’est l’Europe. C’est cette Europe qui doit aux s’armer pour faire face à la mondialisation. Elle a trop ouvert ses frontières, pas suffisamment taxé certains produits.

La France doit exercer pleinement son rôle de leadership en Europe.

Les choses ont commencé à évoluer positivement pour lutter notamment contre le dumping fiscal. Mais il faut continuer. Il faut être capable de conserver nos filières, nos outils de  production.

Il y a actuellement un cas très concret avec les chantiers STX à Saint-Nazaire. Là aussi, l’État joue pleinement son rôle. Il doit peser pour que ce fleuron de l'industrie française reste à Saint-Nazaire. Nous avons perdu, à cause des délocalisations, des milliers d’emplois dans notre pays. Il faut aller de l’avant, monter en gamme. L’économie de demain doit être capable d’investir dans les secteurs liés à la transformation numérique.

 

#ISF

Je n’ai jamais été un libéral et c’est la première fois en France qu’un candidat, François Fillon, porte un projet ultra-libéral. Il faut remettre des règles, un sentiment de justice, d’équité. C’est pour cela qu’il faut garder un impôt sur la fortune. Comment demander un effort aux Français sans que les plus fortunés soient imposés ?

Il faut également être capable de mener des réformes, comme le revenu décent que je propose, pour donner plus d’autonomie aux jeunes.

 

#DéchéancedeNationalité

J’ai changé parce que j’ai été confronté, nous avons été confrontés avec François Hollande, aux attentats terroristes. Au lendemain des attentats du 13 novembre, le Président de la République devait rassembler, et c’est pour cela qu’il a proposé la déchéance de nationalité. C’était son honneur de faire cette proposition. Elle a sûrement plus divisé les forces politiques que les Français. On regrette toujours cette division. Je veux rappeler que cette mesure visait des terroristes. Mais cette page est aujourd'hui tournée.

 

#Laïcité

La laïcité ce n’est pas un glaive, c’est un bouclier, elle nous protège. J’ai été élu d’Évry pendant 11 ans, dans une ville ouverte au monde. J’ai toujours dit que dans cette ville on inventait la France de demain, et la laïcité pour moi c’est ça : l’espace public où l’on impose pas sa religion à l’autre.

Il est insupportable qu’il puisse encore y avoir cette vision de la femme dans la société française. On cherche à exclure les femmes dans l’espace public : ce n’est pas ça la France.

La laïcité ne peut pas être compatible avec la montée des communautarismes, avec les discriminations, avec les actes antisémites, anti-musulmans, anti chrétiens, avec les inégalités entre les hommes et les femmes. C’est l’honneur de la France de défendre ce message universel. Nous avons une chance incroyable, celle de pouvoir débattre, d’être dans un pays libre.

 
Je m’inquiète d’une mode, celle d’un voile revendiqué, d’un voile porté comme un étendard politique. Je suis profondément féministe, et je vois la violence exercée contre les femmes

Dans d’autres pays, des femmes à qui on a imposé ce voile se battent pour l’enlever. Et le monde porte parfois son regard sur la France. Le voile n’est pas ma conception de la liberté. J’ai une autre vision du féminisme et de la liberté des femmes.

N’oubliez jamais les mots que j’ai prononcés le 13 janvier devant l’Assemblée nationale - je ne les oublierai jamais : « je ne veux plus que dans mon pays les juifs aient peur, que les musulmans aient honte d’être musulmans. Je veux qu’il y ait cette fierté d’être français. »

 

#Jeunesse

Le message que nous envoie la jeunesse c’est le message de la confiance : « la société adulte ne nous fait pas suffisamment confiance ». Il faut faire confiance à la jeunesse.

Nous avons mis en place la garantie Visal, pour garantir au propriétaire que son loyer sera pris en charge si le locataire ne paie pas, mais ce dispositif n’est pas suffisamment connu des propriétaires. Il faut ensuite continuer de construire des logements sociaux. Je propose de construire 40 000 logements pour ces jeunes travailleurs , et il faut que ceux qui financent l’habitat social continuent de faire cet effort.

 

#Migrants

On ne peut pas mettre sur le même pied citoyens, ONG et passeurs. C'est pour cela que nous avons abrogé le délit de solidarité. C’est l’honneur de la France d’accueillir des demandeurs d’asile, des réfugiés, et c’est l’honneur de mon gouvernement d’avoir démantelé la Jungle de Calais. La responsabilité des départements, c’est d’accueillir les mineurs isolés, qui sont sans famille, avec parfois le soutien de l’État.

Mais la solution qui consisterait à ouvrir les frontières et à accueillir tout le monde n’est pas un remède. Nous savons parfaitement que la solution à ces problèmes majeurs se joue en Irak, en Syrie et en Afrique.

 

#LoiTravail

Nous avons fait des choix au cours de cette année 2016 qui ont provoqué des mouvements dans le pays et des débats. Cette loi s’adresse aussi aux startups, aux entreprises du numérique. La French tech n’a cessé de se développer, nous avons des ingénieurs de très grande qualité, qu’on se dispute partout dans le monde. Mais ces entreprises, parfois pour des raisons de fiscalité, de taille ou de soutien des banques, n’arrivent pas à perdurer, sont rachetées par de grandes entreprises. C’est avec la BPI,  qui doit aider davantage les petites entreprises, que l’on doit avancer.

 

Quand je dis « J'aime l’entreprise », je dis « j'aime tout ceux qui font la richesse de notre pays ». J’aime l’entreprise, mais je ne veux pas opposer chefs d’entreprise et salariés.

Face à la transformation numérique nous devons nous adapter tout en garantissant des droits aux salariés.

Il faut être capable de concilier le progrès économique et le progrès social.

 

 

#Sécurité

L’autorité de l’État face au terrorisme et à la délinquance passe par des choix budgétaires.

Sous ce quinquennat, nous avons a créé 9 000 postes de policiers, alors que la majorité précédente en avait supprimé 13 000.

 

#Santé

J’assume le niveau de dépenses publiques dont les Français ont besoin pour se protéger, pour se soigner et pour préparer l’avenir. Remettre en cause ce qui est l’un des fondements de ce pays, l’assurance maladie, c’est jeter des milliers de personnes dans les bras de l’extrême droite. Remettre en cause l’hôpital public, c’est remettre en cause les fondements de ce qu’est notre République. La question de la santé est essentielle, c’est pour cela que je propose de revenir sur le numerus clausus. François Fillon a proposé, à l’occasion de la primaire de la droite et du centre, la privatisation de la Sécurité sociale. Il faudra qu’il soit honnête sur ce point.

 

#Russie

La Russie est une grande nation. C’est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu, comme la France. Mais avec la Russie, il faut toujours parler franchement. Elle doit assumer ses responsabilités de grande puissance, et d’abord en Syrie. Il ne faut donc pas lever les sanctions, car la Russie doit être consciente de ses responsabilités. La Russie, avec le régime de Bachar Al-Assad, portera la responsabilité du drame d’Alep.

 

#Europe

Beaucoup a été fait pour sauver l’Europe. Je pense notamment à la situation de la Grèce.

J’ai demandé devant l’Assemblée nationale un infléchissement de la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne. Cela a été fait. L’Europe a décidé, avec la Commission Juncker, de faire de l’investissement. Elle a enfin été plus souple sur les questions budgétaires.

 
Quand un beau projet comme l’Europe est menacée de dislocation, il faut savoir faire une pause. En ce qui concerne l’intégration d’autres pays et je dis clairement qu’il faut arrêter de mentir à la Turquie.

Il faut faire un partenariat avec la Turquie, mais elle ne peut pas entrer dans l’UE.

 

#LutteContreLeChômage

Depuis 2008, il y a 130 000 chômeurs de moins. Je connais la réalité, mais il y a moins de jeunes chômeurs qu'au début du quinquennat. Est-ce que c’est suffisant : non. Mais il faut continuer de soutenir la compétitivité de notre pays, les secteurs industriels. Je veux réunir dans un même ministère le ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’écologie. Je crois beaucoup que la politique de l’emploi demain viendra de cette nouvelle politique industrielle, de la politique de filières. 

 

#ServicesPublics

J'essaie d'incarner une gauche sociale réformiste au service du peuple français. Nous avons besoin d'un service public fort, ambitieux et de proximité. C’est cette France juste que j’appelle de mes voeux et que je veux incarner.

 

#Primaire

Une primaire réussie, c’est beaucoup de monde les 22 et 29 janvier, des débats de qualité, et un choix. Cette primaire doit permettre de désigner un candidat à la présidence de la République. Si ces trois conditions sont réunies, la primaire sera réussie.

 
Je suis là pour gagner la primaire, parce que je pense que je suis celui qui peut faire gagner la gauche. Et faire gagner la gauche c’est faire gagner la France.

 

MV-Alfortville

Le 26 janvier, et pour sa dernière réunion publique avant le deuxième tour des Primaires citoyennes ce dimanche 29 janvier, Manuel Valls était à Alfortville pour y rencontrer les français et leur présenter son projet. Une soirée mémorable, marquée par les mots et portée par les idées. 

MV-4e-debat

Un débat consistant et de bonne tenue a permis de distinguer avec précision les différences qui marquent les programmes des deux candidats en lice. Travail, laïcité, sécurité… Manuel Valls a exposé avec conviction sa vision de notre société, en conjuguant le cœur et la raison.